Distinguons leadership et management ! Quelques définitions.

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Je crois que nous avons tous, un jour, croisé dans notre vie professionnelle un mauvais “chef”. Que ce soit pendant un stage, au travers d’une mutation, d’un nouveau boulot, on finit toujours par tomber dessus. Il en existe de toutes sortes : ceux qui ne vous parlent jamais et qui communiquent par email, ceux qui, au contraire, communiquent trop et vous empêchent in fine de faire votre travail, ceux qui finissent par ne plus vivre sans vous (à croire qu’en réalité, vous faites leur job !), etc. La liste est longue et on pourrait, je crois, l'allonger sans mal (laissez-moi un commentaire pour partager vos expériences).

Le micro-manager

Par contre, il existe une catégorie qui m'intéresse tout particulièrement : le micro-manager. L’article français de Wikipedia le définit parfaitement :

Au lieu de donner des instructions générales sur les plus petites tâches tout en supervisant les plus grandes préoccupations, le micromanager suit et évalue chaque étape, et évite la délégation des décisions. Le micromanagement est souvent facilement reconnaissable par les salariés, mais les micromanagers se voient rarement en tant que tels. Les micromanagers réfutent également ces allégations en considérant leur style de management comme "structuré ou organisé" ; cela fait partie du processus de négation

En réalité, il n’a pas vraiment compris son rôle de responsable. Il doit bien entendu, être le garant du travail de toute l’équipe, qui dépasse de loin ce qu’un seul individu peut produire. Cette responsabilité génère sur lui un stress conséquent. Il se met à chercher dans chaque tâche la perfection à cause de la peur de mal faire. Il arrive même qu’il préfère faire le travail de ses collaborateur à leur place - ou presque !

Leader et/ou Manager ?

S’il est le premier coupable de cette situation, on peut aussi reconnaître que personne ne lui a vraiment donné la définition du rôle du manager. Durant ses études supérieurs, il a étudié des domaines techniques (finances, sciences,...) mais sûrement pas d’approches pragmatiques du travail de manager. Après tout, cela doit être facile d’être un leader d’hommes.

Tentons de définir ces deux idées : management et leadership ; manager et leader.

Management is about coping with complexity. Its practices and procedures are largely a response to one of the most significant developments of the twentieth century: the emergence of large organizations. Without good management, complex enterprises tend to become chaotic in ways that threaten their very existence. Good management brings a degree of order and consistency to key dimensions like the quality and profitability of products.

Leadership, by contrast, is about coping with change. Part of the reason it has become so important in recent years is that the business world has become more competitive and more volatile. Faster technological change, greater international competition, the deregulation of markets, overcapacity in capital-intensive industries, an unstable oil cartel, raiders with junk bonds, and the changing demographics of the work-force are among the many factors that have contributed to this shift. The net result is that doing what was done yesterday, or doing it 5% better, is no longer a formula for success. Major changes are more and more necessary to survive and compete effectively in this new environment. More change always demands more leadership.

John P. Kotter, What leaders really do

Ce n'est pas la même chose

Ainsi, peut-on séparer manager et leader de la façon suivante.

Un manager va organiser le travail : 

  • il établit un planning, tentant d’anticiper - tout en restant agile, selon moi ! - Il manipule alors des ressources, des charges et des délais.
  • il crée et suit un budget, jonglant avec les euros. Il signe les commandes et valide les factures.
  • il produit le sacro saint “reporting” à sa hiérarchie. Il servira de base d’évaluation au sein de l’entreprise de l’activité de l’équipe.  

Un leader apporte du sens : 

  • il fixe des directions et des objectifs, montrant la voie pour satisfaire les clients et leurs nouveaux besoins.  
  • il partage sa vision et sa passion  aux équipes mais aussi à l'extérieur de l’entreprise.
  • il apporte de la cohérence aux produits et dans le temps, mettant en perspective les changements qui seront nécessaires pour progresser.
  • il communique énormément, par l’écrit (intranet, blog, réseaux sociaux) ou à l’oral - sa porte est toujours ouverte et il est très disponible.

Au delà des définitions, ces deux positions sont complémentaires. Certains peuvent être de grand managers et de faibles leaders, pour d’autres, c’est tout l’inverse. Rares sont ceux qui arrivent à être les deux. 

Dans tous les cas, le plus difficile est l’auto diagnostic : suis-je un leader ? suis-je un manager ? Les mauvais chefs en général, ne sont ni l’un, ni l’autre !

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Crédits

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Images de Greg Palmer / Flick

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Posted on September 9, 2012 and filed under Agile & Lean.