Pour en finir avec les "groupes de travail" innovation !

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Rappelez vous !

Vous avez déjà vécu cette scène, surtout si vous faites partie d’une entreprise importante. Un beau matin, vous recevez un email d’un collègue éloigné, que vous connaissez mais avec lequel vous ne travaillez pas. Le message vous invite à une réunion de deux heures. L’ordre du jour n’est pas vraiment défini mais le thème semble être autour d’une “démarche innovation”. Elle a été lancée par la direction générale. Votre propre chef vous a désigné pour représenter votre équipe.

Bref, aucun moyen de se défiler et pourtant vous savez, avant même avoir participé à la réunion - et à toutes les autres qui suivront - que vous aller perdre votre temps ! Vous vous demandez même pourquoi vous ? Pourquoi pas quelqu’un d’autre ?

Le fameux "Comité Innovation"

Dans de nombreuses entreprises, lorsque le chef d’entreprise cherche à déclencher une démarche “Innovation”, il mandate un membre de son comité de direction. Celui-ci applique les mêmes techniques de management que pour établir le budget ou organiser son département. Il regroupe les managers de premier niveau, il recherche des ressources, il crée un groupe de travail, souvent appelé “Comité Innovation”. Il organise une activité.

Là se trouve l’erreur fondamentale. L’innovation n’est pas une activité. C’est une capacité.

Wikipedia nous renseigne sur le sens du mot :

Au sens propre, le mot capacité désigne le fait d'être capable, d'avoir l'aptitude pour quelque chose, par exemple capacité professionnelle attestée par un certificat de capacité...

Ainsi, il ne suffit pas d’organiser un processus d’innovation pour la créer. Bien entendu, il faut un minimum de synchronisation au sein de la direction. Mais pour bien décider, il faut que l’entreprise regorge d’idées. Et des idées neuves - désolé d’être rabat-joie - tout le monde n’en n’a pas. Chacun n’a pas la capacité à innover.

Suis-je trop éloigné de la pensée positive dominante ? Celle qui voudrait que chaque salarié soit considéré à “égalité” des autres. C’est probable que mon propos puisse choquer. Mais attention, ce n’est pas parce qu’un salarié n’est pas un innovateur, qu’il ne sera pas un très bon élément !

Qui permet la diffusion des innovations

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Le sociologue Everett Rogers viendra-t-il à mon secours ? Il travaille depuis les années 60 sur la diffusion de l’innovation, c’est-à-dire les critères clefs pour passer d’une innovation naissante à un produit de masse. M. Rogers classe dans sa théorie l’humanité en plusieurs catégories :

  • les Innovateurs (2,5 % de la population) : ces personnes sont les premières à aimer les produits nouveaux et innovants. Ils aiment voir les idées existantes remises en cause. Ils ne sont pas gênés par le changement. Au contraire, ils créent les ruptures. Ils sont rares.

  • les Adeptes précoces (13,5 %) : Vous connaissez certainement un ou plusieurs early adopters. Le monde de la technologie leur donne des dizaines d’occasions par an d’exercer leur passion pour l’achat des derniers gadgets. Ces personnes aiment la nouveauté même s’ils ne la génère pas.

  • les Majorité précoce et Majorité tardive (2x34 %) : La grande majorité des personnes.. Que dire de plus ? Monsieur Tout le Monde...

  • les Réfractaires (16 %) : “Un changement ? Non merci, plus tard. Un nouvel outil pour améliorer son confort ? Oui, mais si je pouvais être le dernier à y passer.” Bref, le réfractaire n'apprécie pas la nouveauté, n’aime pas changer et est rassuré par un ensemble de produits stables autour de lui... Pour prendre un exemple, toutes les personnes utilisant encore un agenda “Palm Pilot” sont dans cette catégorie.

Maintenant que vous connaissez cette décomposition, vous comprendrez sûrement mieux mon propos : pour la démarche innovation de l’entreprise, mieux vaut faire travailler les deux premières catégories. Les Innovateurs et les Adeptes précoces possèdent la capacité d’innover. Ils ont l’état d’esprit nécessaire à l’éclosion d’idées nouvelles.

Et vous dans tout ça ? Que faire ? Tout dépend de votre profil :  

  • Si vous êtes manager, protégez les innovateurs de tous les empêcheurs d’innover en rond. Tous ceux qui diront non avant même de réfléchir.

  • Si vous vous savez plutôt dans la vaste majorité, voir même dans la catégorie des réfractaires, pensez à ce blog et ne dites pas non tout de suite, ne tuez pas les idées au berceau. Vous êtes, par contre, essentiel à la maturation des idées. Parce que vous connaissez sûrement les clients, les technologies ou les process de l’entreprise. De nombreux domaines essentiels pour que les “Innovateurs” mûrissent leurs idées.

  • Si vous êtes un innovateur, voir un early adopteur. Pensez-y à deux fois. L’êtes-vous vraiment ? Aimez vous réellement remettre en cause un existant. Êtes-vous prêt à sauter dans le vide ? Oui ? Alors, le conseil que je vous donne est de communiquer vos idées, de les expliquer et de ne jamais vous décourager.

Finalement, mieux vaut soigner son casting

Et le chef d’entreprise et sa “démarche innovation”, me direz-vous ? Je lui suggère de ne pas se rassurer uniquement avec des indicateurs, des process ou des comité de pilotage.

A lui d’organiser quelques réunions, en regroupant peu de personnes à la fois mais regroupant des personnalités différentes et variées. Un seul ordre du jour a fixer qui serait du type “Quoi neuf docteur? / Qu’aimeriez vous faire ?/ Si vous aviez 1 Million devant vous sur quoi travailleriez vous ? Qu’est-ce qu’on peut faire d’autres avec notre produit ? Et ce week end vous avez fait quoi ? ”. Bref, plus qu’une réunion, une discussion ouverte où à chaque moment l’innovation peut surgir...

Les plus pragmatique d’entre vous me diront “Comment mesure-t-on son avancement ?”... La réponse est simple : l’enthousiasme ressenti est par lui-même un bon critère de succès...

Crédits

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Posted on October 22, 2012 and filed under Innovation.